600 millions d'usagers touchés par le black-out électrique en Inde

Par  - Mis à jour le 31 juillet 2012, à 16h50 - Publié le
Réseau électrique
© D. R.

[ACTUALISÉ] - Une gigantesque panne d'électricité affecte l'Inde depuis le dimanche 29 juillet. Les réseaux électriques du pays s'effondrent les uns après les autres dans le nord, l'est et le nord-est.

L'Inde est en proie à d'exceptionnelles pannes électriques depuis dimanche soir. Après un rétablissement partiel du courant dans la journée de lundi, le réseau s'est de nouveau effondré mardi matin dans le nord comme dans l'est du pays. Un troisième réseau vient de s'effondrer, cette fois dans le nord-est.

"Les réseaux du nord, du nord-est et de l'est sont à terre mais nous travaillons à les restaurer rapidement", a déclaré à l'AFP Naresh Kumar, un porte-parole du réseau électrique national, Powergrid Corporation of India Ltd.

A New Delhi, le métro était immobilisé et les feux de signalisation ne répondaient plus. "Les conducteurs ont reçu l'ordre de s'arrêter dans les stations de métro. Aucun passager ne sera autorisé à entrer dans les stations jusqu'à ce que le courant revienne", a déclaré à l'AFP un porte-parole du métro de la capitale indienne.

La majeure partie du Bengale occidental et Calcutta, capitale de cet Etat, étaient également victime de l'effondrement du réseau électrique, a indiqué à l'AFP B. Mukherjee, un responsable au sein du fournisseur local d'électricité, West Bengal State Electricity Supply Corp.

Il s'agit du pire black-out en Inde depuis onze ans, selon les autorités, touchant à ce moment plus de 600 millions d'habitants.

Une défaillance imputable à la forte demande d'électricité pendant l'été sous 40°C

D'abord, l'ensemble du réseau électrique du nord du pays s'est effondré peu après 02H00 dans la nuit de dimanche à lundi (20H30 GMT dimanche) et n'a pu être rétabli partiellement que six heures plus tard, a indiqué lundi le ministre de l'Energie, Sushilkumar Shinde.

Selon les premiers éléments d'enquête, une surcharge sur le système électrique aurait entraîné des ruptures d'approvisionnement en cascade, a précisé M. Shinde, en regrettant "un accident, une défaillance".

Cette panne a perturbé la circulation d'environ 300 trains de passagers dans toute la région, le métro à New Delhi et supprimé les feux de signalisation dans les grandes villes, provoquant d'innombrables embouteillages à l'heure de pointe matinale.

"La totalité de la région nord", où vivent 28 % de la population de 1,2 milliard d'habitants, a été affectée, selon le groupe chargé du réseau électrique du nord de l'Inde, Power System Operation Corporation (PSOC).

Les neufs Etats concernés, parmi lesquels les plus peuplés du pays, sont New Delhi, le Pendjab, l'Haryana, l'Uttar Pradesh, l'Himachal Pradesh, le Rajasthan, le Jammu-et-Cachemire, l'Uttaranchal et le Madhya Pradesh.

Pour de nombreux habitants, l'absence de courant a aussi entraîné des problèmes d'approvisionnement en eau, les pompes situées sur les toits des immeubles dans les grandes villes fonctionnant à l'électricité. L'agence de l'eau à New Delhi a indiqué que sept usines de traitement des eaux avaient été paralysées par la panne mais que cinq d'entre elles fonctionnaient à nouveau à la mi-journée.

Les hôpitaux et aéroports de la région ont toutefois pu fonctionner normalement grâce aux générateurs, selon les autorités.

Selon le président du groupe public d'électricité de l'Uttar Pradesh, Avinash Awasthi, cité par la chaîne NDTV, l'effondrement du réseau serait imputable à plusieurs Etats ayant dépassé leurs capacités autorisées pour répondre à la forte demande pendant l'été, où les températures tutoient les 40 degrés.

M. Shinde a rappelé que ce genre de black-out n'était pas l'apanage des pays en développement, citant celui de 2003 aux Etats-Unis qui n'avait pu être résolu qu'au bout de "quatre jours".

En Inde, un pays émergent en quête de nouvelles sources d'approvisionnement énergétique pour alimenter sa croissance, les coupures de courant sont extrêmement fréquentes mais elles ne sont en général que de courte durée. Dépendant essentiellement du charbon, le BRIC voudrait faire passer la part du nucléaire dans la production électrique de 3 % actuellement à 25 % d'ici 2050.

Retour à la normale au nord-ouest de Calcutta

L'électricité semble être revenue dans la zone de Burdwan, à environ 180 km au nord-ouest de Calcutta, la capitale du Bengale occidental. L'information est parvenue après la libération de 200 mineurs piégés pendant cinq heures dans 80 mines de cette région en raison de la gigantesque panne électrique survenue dans le nord et l'est de l'Inde ces dernières heures.

L'absence de courant rendait jusqu'alors impossible le recours aux élévateurs permettant de les remonter à la surface, avait indiqué plus tôt dans la journée la chef du gouvernement local, Mamata Banerjee. Le retour à la normale dans cette zone a permis leur remontée.

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