35 heures : les syndicats en colère mais désunis
Le 02 juin 2008 par Rédaction L'Usine Nouvelle
Le projet de loi incriminé sur l'assouplissement du temps de travail a fait valser le front syndical. La CGT et la CFDT appellent à une journée d'action le 17 juin. Mais ils sont lâchés par FO, la CFTC, la CFE-CGE et l'UNSA.
Le gouvernement a voulu passer en force sur les 35 heures, il a fait exploser le front syndical. La CGT a dégainé la première, criant à l'imposture. « Un texte malhonnête », a lancé la semaine dernière, son leader syndical, Bernard Thibaul. « Une provocation», s'est indigné François Chérèque, à la CFTD lui emboîtant le pas. Les deux centrales, rejointes par Solidaires, ont appelé à "une journée d'actions et de manifestations" le 17 juin contre le projet de loi des 35 heures et la réforme des retraites. Ils reprochent au gouvernement d'utiliser la position commune qu'ils ont signée avec le patronat le 9 avril dernier sur la représentativité syndicale, dans laquelle ils acceptaient des « expérimentations » sous conditions, pour les heures supplémentaires. Mais ils sont pour l'instant biens seuls.Force Ouvrière (FO), la CFTC et la CFE-CGE refusent de s'associer à cette journée du 17 juin. Ils se contenteront de meetings. «Une manifestation de plus, ce n'est pas ça qui fera changer le gouvernement », a estimé son responsable Jean-Louis Mailly. A l'Unsa, la position est encore plus radicale : elle n'y participera pas, rappelant que les signataires de la position commune doivent en "assumer" les conséquences. Les trois syndicats avaient rejeté le texte sur la représentativité en avril dernier. En lâchant la CGT et la CFDT, Ils donnent aujourd 'hui l'impression de régler leurs comptes sur le dos des 35 heures. Alors qu'une unité syndicale semblait s'être dessinée autour de la réforme des retraites qui avait mobilisé tous les syndicats le 22 mai dernier.
Le projet de loi en Conseil des ministres le 18 juin
De son côté, le ministre du Travail Xavier Bertrand a confirmé aujourd'hui que le projet de loi tant contesté sera présenté en Conseil des ministres le 18 juin. Soit au lendemain de la manifestation. "Ca devait être initialement un peu plus tôt, on a préféré prendre une semaine de plus pour des discussions et pour voir les suggestions et les remarques des partenaires sociaux", a affirmé le ministre. Selon lui, le texte exige une négociation supplémentaire pour " les petites entreprises" où il n'y a pas de représentants des salariés, et qui représentent 4 millions de salariés.
Le projet de loi prévoit un assouplissement du temps de travail même si la durée légale hebdomadaire reste fixée à 35 heures. Il permet notamment de fixer une autre durée réelle, avec la possibilité de renégocier, entreprise par entreprise, le contingent d'heures supplémentaires ou le repos compensateur. Aujourd'hui, l'entreprise doit demander l'autorisation de l'inspection du travail.
Carmela Riposa
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