30/05/2007 : ABN AMRO, Société Générale, Casino, Leader Price, EADS...
Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié leNouvelle surenchère sur ABN AMRO. L'Assurance-maladie étudie un plan d'économies. Immobilier ; déduction des intérêts d'emprunts en cours. Daniel Bouton précise sa vision de l'Europe bancaire. Guerre de tranchée chez Casino. E
Nouvelle surenchère sur ABN AMRO.L'offre lancée en avril sur l'établissement néerlandais par Barclays avait pourtant été appuyée par la direction d'ABN, mais cette nouvelle proposition relance la bataille boursière. La coalition Royal Bank of Scotland, Fortis et Santander met 71 milliards d'euros sur la table pour emporter le morceau. Une offre supérieure de 13% à celle de Barclays, qui pourrait bien en faire la plus grosse opération dans le monde bancaire, note les Echos. Une offre qui apparait très alléchante puisqu'elle serait financée à près de 80% en numéraire et d'un montant bien supérieur aux 63 milliards payables en titres proposés par Barclays. Elle serait en outre sensée dégager plus de synergies, avec des réductions de coûts annuels de 4,2 milliards d'ici à 2010. Quand aux suppressions de postes, elles seraient inférieures de moitié. L'offre mixte serait supportée à hauteur de 27 milliards par RBS, de 24 milliards par Fortis et de 20 milliards par Santander. Le partage des actifs entre les membres du consortium aboutirait au démantèlement du groupe batave. Pour autant, le succès de l'opération reste suspendu au sort de LaSalle Bank, rappelle le Figaro, la filiale américaine d'ABN AMRO, que la banque s'était engagée à vendre à Bank of America pour 21 milliards de dollars est au coeur d'un imbroglio juridique.
L'Assurance-maladie étudie un plan d'économies.
Après l'annonce du dérapage de 2 milliards d'euros des dépenses d'assurance-maladie, Frédéric van Roekeghem, le directeur de la Conseil national d'assurance-maladie (Cnam), a présenté hier devant la Commission de suivi des dépenses un plan de redressement de l'Assurance-maladie de 900 millions d'euros en année pleine. Ce dernier dont les détails doivent encore être affinés, devra être entériné par le conseil de la Cnam à la fin du mois de juin a indiqué André Hoguet, président de la dite commission et administrateur CFTC du conseil de la Cnam. L'Assurance-maladie compte agir sur plusieurs leviers pour inflêchir la tendance : le renforcement de l'utilisation des génériques, la lutte contre les "surprescriptions" d'arrêts de travail et de médicaments, le renforcement des sanctions pour les patients qui consultent hors parcours de soins. Dans un entretien aux Echos, Frédéric van Roekeghem estime nécessaire « d'engager une nouvelle étape de la réforme ». Les tarifs de certains actes médicaux réalisés par les spécialistes pourraient également être revus à la baisse, et les transports sanitaires limités. La procédure d'alerte, créée par la loi de 2004, oblige le gouvernement à prendre d'ici à un mois des mesures pour redresser les comptes de la Sécurité sociale. Selon les dernières prévisions, le déficit pourrait encore atteindre 3,9 milliards cette année.
Immobilier ; déduction des intérêts d'emprunts en cours.
Le candidat Sarkozy l'avait promis, le Chef de l'Etat fraichement élu entend tenir ses promesses. Contrairement à ce qui avait été précisé par des ministres depuis quelques jours, la déduction de l'impôt d'une partie des emprunts immobiliers ne sera pas limitée aux nouvelles acquisitions signées depuis l'élection, mais concernera tous les emprunts en cours, rapportent vos quotidiens. "Le cadeau fait aux propriétaires titre le Parisien". Certains s'émeuvent déjà du coût de cette promesse si elle revêt une certaine rétroactivité ! L'encours des crédits à l'habitat atteindrait près de 595 milliards d'euros, dont environ 20 milliards d'intérêts calcule les Echos. Il reste à préciser dans une loi les modalités de la mesure, notamment le plafonnement du montant des intérêts d'emprunts pouvant être déduits, voire du revenu imposable. La mesure pourrait être limitée aux primo-accédants (environ 600 000 chaque année). La durée d'application devra aussi être définie, on l'évoque entre cinq et dix ans. En fonction de tous ces paramètres, le dispositif arrêté par le gouvernement pourrait coûter entre 2 et 3,5milliards d'euros à l'Etat en année pleine.
Daniel Bouton précise sa vision de l'Europe bancaire.
Le patron de la Société Générale assure qu'il n'y a pour le moment aucune négociation pour un rapprochement avec l'italien UniCredit, contrairement aux rumeurs persistantes. Il estime néanmoins dans une interview à la Tribune, que l'établissement qu'il dirige est bien placé dans la course à la consolidation bancaire en Europe. Hormis HSBC qui fait la course en tête, il a le sentiment qu'une dizaine de banques en Europe se situent dans une capitalisation boursière qui va de 50 à 100 milliards d'euros. Ce sont ces dix groupes qui seront impliqués dans la consolidation du secteur. La Société Générale possède un modèle économique parmi les plus attrayants dans cet environnement. L'établissement est fort à la fois dans les métiers de la banque d'investissement et de financement et dans ceux de la gestion d'actifs. Elle n'est en situation de sous-compétitivité dans aucun de ses métiers, avec des taux de croissance supérieurs ou égaux à ceux de ces concurrents dans tous ses métiers. En tout état de cause Daniel Bouton réaffirme qu'il ne négocie actuellement aucun rapprochement, mais « qu'il est du devoir de tout manager de n'écarter aucune hypothèse ».
Guerre de tranchée chez Casino.
A la veille de l'assemblée générale du groupe de distribution, les actionnaires minoritaires Bernard Baud et françois Fiat, anciens dirigeants de Franprix débarqués par Jean-Charles Naouri au mois de mars, dénoncent l'attitude de l'actionnaire principal. Les deux hommes d'affaires, sous la menace d'une perquisition de la brigade financière, estiment dans un entretien à la Tribune, être trainés dans la boue. Ils rappellent que le pacte d'actionnaires signé par Casino en 1998 oblige le distributeur à racheter leurs participations à un prix déterminé. Casino évalue à 450 millions d'euros leurs participations de 25 % dans Leader Price et de 5% dans Franprix, mais les deux plaignants pensent qu'elles valent plutôt 600 millions. Ils font également remarqué Leader Price et Franprix sont la machine à cash de Casino. Les deux enseignes ne représentent que 20% des ventes, mais 40% du résultat et 60% des dividendes.
EADS, Lagardère entendu hier par l'AMF.
L'audition pendant neuf heures d'Arnaud Lagardère relance les spéculations sur des supposés délits d'initiés de plusieurs dirigeants du groupe aéronautique, rapporte les Echos. L'enquête de l'Autorité des marchés financiers porte sur des ventes d'actions provenant de plans de stock-options qui ont été réalisées entre mars et avril 2006 alors que l'action EADS était au plus haut (entre 30 et 35 euros) et surtout avant que l'avionneur n'annonce d'importants retards de livraison pour son gros porteur A380. Depuis ces révélations le titre à presque perdu la moitié de sa valeur, pour tomber à un peu moins de 19 euros. Certains dirigeants, tel Noël Forgeard, à qui l'on reproche une plus-value de 2,5 millions d'euros se retrouvent au banc des accusés. En ce début du mois d'avril 2006, deux gros actionnaires d'EADS, les groupes Lagardère et DaimlerChrysler avaient également annoncé qu'ils allaient vendre chacun des blocs d'actions, représentant 15% du capital, pour 2 milliards d'euros. Des reproches pourraient également être adressés au groupe à propos de la sincérité et de l'exactitude de sa communication financière à l'époque.
Didier Ragu
A demain, avec Bertrand!

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