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3 questions à Roland Vardanega

03/07/2008
Membre du Directoire de PSA Peugeot Citroën Directeur technique et industriel. « Le Lean est la seule solution capable de sauver les sites français »
3 questions à Roland Vardanega La chute de production des sites français est-elle inéluctable ?
A long terme, l'automobile se pensera en « plaques géographiques » dont une d'entre elles sera l'Europe. Que ce soit en termes de couts logistiques ou de délais, l'automobile est un bien qui ne se transporte pas facilement. Il faut donc organiser la production par zone et c'est ce que nous faisons.
Il serait ainsi illogique de continuer à fabriquer en France 70 % de notre production alors que notre marché se trouve aujourd'hui majoritairement hors de l'Hexagone.  Notre volonté est d'adapter la capacité de nos sites nationaux et d'y obtenir une compétitivité proche de celles des usines de l'Est, logistique comprise. C'est le meilleur moyen de lutter contre la délocalisation. L'usine d'Aulnay passe donc de deux à une ligne, et celle de Rennes va faire la même chose en 2011. L'objectif, certes ambitieux, est de réduire de 30 à 40 % en quatre ans la valeur ajoutée des produits fabriqués sur les sites français.

Réduire les couts d'un tiers dans les usines françaises, est-ce un rêve ou une future réalité ?
Nous nous basons pour  y arriver sur le « système de production PSA » (NDLR : largement inspiré du Lean de Toyota), sur une réorganisation et une optimisation des m2 des sites et sur la performance de la logistique. Heureusement pour tout le monde, nous avons su nous remettre en cause à temps. Si nous étions restés sans bouger encore cinq ans, c'était foutu ! De par leur localisation au centre de l'Europe, leurs possibilités d'automatisation, et le savoir faire de leurs ouvriers, les sites français conservent des atouts. Rien n'est gagné, mais nous n'abandonnons pas la partie. Nous avons, par exemple, pas hésité à investir 300 millions d'euros à Trémery (Moselle) dans un site qui produira annuellement 640 000 moteurs essence de 1000 cm3.

Pas facile d'obtenir l'adhésion de tous face à une telle remise en cause...
Parce qu'il met en avant un souci constant de qualité et de productivité, le principe du Lean est effectivement une révolution pour tous. Il ne peut être accepté que s'il est expliqué avant d'être mis en place. Nous avons d'ores et déjà organisé des formations pour les Etam, les cadres et les moniteurs. Leurs réactions ont été très positives et nous continuerons notre démarche  en 2009 auprès des opérateurs. Nous avons également impliqué les syndicats à ces nouvelles méthodes de production. Leurs réticences sont évidemment plus grandes, mais ils sont conscients, comme nous, que c'est la seule voie d'avenir.

Propos recueillis par Anne Léveillé


A lire aussi dans l'Usine Nouvelle N°3108
du 3 au 9 juillet 2008
L'événement : France, ton automobile fout le camp! p.14 à 18

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