22 000 EMPLOIS MENACÉS
Par PAR CÉCILE MAILLARD - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3268Loin des projecteurs, depuis janvier 2011, près de 22 000 emplois industriels, sur 130 sites, ont été supprimés ou sont sur la sellette.
N'est pas SeaFrance ou Petroplus qui veut. Tous les sites industriels en difficulté n'ont pas la chance d'attirer les médias, ministres ou candidats à la présidentielle. Sur notre carte de France des 22 000 emplois industriels disparus ou menacés en 2011, certaines usines ferment silencieusement, d'autres après plusieurs années de bataille des pouvoirs publics. C'est PSA qui a annoncé le maximum de départs : 1 900 postes supprimés parmi les CDI, auxquels s'ajoutent 800 intérimaires. D'autres plans sont en cours. Voici les cinq plus importants.
SEAFRANCE (CALAIS) 873 EMPLOIS MENACÉS
La compagnie de ferries transmanche, endettée de 190 millions d'euros et liquidée le 10 janvier, a longtemps souffert d'une mauvaise gestion, épinglée par la Cour des comptes en 2009. En dépit d'une intervention de Nicolas Sarkozy en personne et de René Ricol, 873 salariés vont perdre leur emploi. Ils se sont vu proposer des postes par leur maison mère, la SNCF, ou par un repreneur. Mais de nombreux emplois indirects vont être en difficulté dans la région.
FREESCALE (TOULOUSE) 820 DÉPARTS
C'est sans mouvement de protestation que 820 postes sont supprimés à Toulouse par Freescale. Le groupe américain de semi-conducteurs a annoncé, en avril 2009, l'arrêt de sa ligne de production de galettes de silicium de 150 millimètres, devenues obsolètes. 230 salariés ont déjà retrouvé un emploi dans une région économiquement dynamique, et les pouvoirs publics se sont peu mêlés du dossier, correctement anticipé. L'arrêt de la production vient une fois de plus d'être repoussé, à juin 2012 : les clients de l'automobile font des stocks pour leur service après-vente. Freescale maintient à Toulouse sa R et D, soit 500 postes.
BELVÉDÈRE (GARD) 700 POSTES MENACÉS
Endetté de 600 millions d'euros, notamment suite au rachat de Marie Brizard en 2006, le groupe de vins et spiritueux, en redressement judiciaire depuis septembre 2011, a annoncé vouloir céder une partie de ses marques pour rembourser ses créanciers. Depuis 2008, salariés et créanciers ont multiplié les procédures judiciaires, reportant les licenciements. L'État n'est pas intervenu. Belvédère sera fixé sur son sort le 8 mars.
PHOTOWATT (BOURGOIN-JALLIEU) 537 POSTES MENACÉS
Le pionnier français des panneaux solaires, symbole de la filière dans l'Hexagone, a été placé en redressement judiciaire le 8 novembre. 95 postes ont déjà été supprimés début 2011, 442 autres risquent de disparaître si l'entreprise n'est pas reprise. Photowatt n'a pas su affronter la concurrence des panneaux chinois à bas prix et a pâti des retournements de la politique gouvernementale dans le solaire. Plusieurs repreneurs sérieux se sont fait connaître.
PETITJEAN (AUBE) 530 POSTES MENACÉS
Placé sous administration judiciaire en novembre, le fabricant de candélabres et mâts d'éclairage, un des cinq plus gros employeurs de la région, recherche des repreneurs. Une affaire suivie de près par le ministre de l'Économie, François Baroin, ancien député de l'Aube et maire de Troyes, et entre les mains du Ciri. L'entreprise, propriété de l'italien Tecnopali, souffre d'un manque de trésorerie et doit moderniser son usine. Deux offres de reprise émanant de groupes étrangers ont été déposées.

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