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L'industrie sera l'un des thèmes phares de la campagne présidentielle mais de quoi est-elle le nom ?
C’est LE thème à la mode, LE sujet que tout candidat à l’élection présidentielle se doit d’aborder. Le produire en France, la ré-industrialisation de notre pays, la lutte contre les délocalisations, la sauvegarde de nos usines… bref, l’INDUSTRIE fait désormais partie des éléments de langage que martèlent à longueur de journée nos chers politiques. De l’extrême droite à l’extrême gauche en passant par l’UMP, le PS ou le Modem, tout le monde tient à marquer son territoire en allant battre campagne dans les ateliers. Preuve que le sujet « usine » est brûlant,
le président de la République a mis à l’ordre du jour du sommet social du 18 janvier le fameux projet de TVA anti-délocalisation qui lui avait pourtant coûté quelques postes de députés en 2007.
Il est loin le temps où les esprits fatalistes affirmaient, avec un brin de supériorité, que tout se fabriquait en Chine, que l’industrie n’avait aucun avenir ici et qu’il fallait mieux jouer la carte « fabless » plutôt que de se battre contre des pays low-cost. Désormais, l’usine est devenue une sorte de sanctuaire qu’il faut préserver à tout prix et auquel chaque candidat tient à rendre hommage. Le « Made in France » est brandie comme un certificat de bonne conduite par les industriels.
Mais, derrière ces discours très politiques qui manient facilement les images d’Epinal, on n’oublie une fois de plus de penser l’industrie ou plutôt de la re-penser. De comprendre notamment ce qu’elle est devenue après plus d’un siècle d’existence, comment elle a évolué, comment elle travaille, quelles sont ses besoins actuels, ses nouvelles manières de travailler et, surtout, de décrypter où elle crée vraiment de la valeur ajoutée. Quand on évoque l’industrie, on pense trop spontanément usines et ouvriers, cheminées et fumées, produits et machines, outils et matériaux… C’est oublier que ce secteur n’est plus représenté par des sites de production mais également par des cabinets de design, des bureaux d’ingénierie, des centres de R&D, des sociétés de services informatiques, des médias (comme le nôtre !) ou des écoles d’ingénieurs.
Alors que l’année 2012 s’ouvre sous le signe de l’industrie, formulons un vœu auprès du dieu des forges (la mère de toute industrie !) : que les débats suscités par l’élection présidentielle atour du « fabriqué en France » ne tournent pas au populisme mais abordent les vraies difficultés que rencontrent nos entreprises pour industrialiser leurs produits ou leurs services en France.