2011 : année d'espoirs déchus pour le Rafale
Par Stéphan Julienne - Publié le
Ce devait être l'année de tous les contrats, ou presque. Finalement, le chasseur de Dassault termine cette année 2011 sans le moindre accord à l'exportation. Bilan peu réjouissant qui, du même coup, place 2012 comme une année potentiellement lucrative.
On pouvait y croire jusqu'au dernier jour, mais finalement 2011 restera bien pour le Rafale l'année des cibles manquées. Il y avait dans le viseur de l'appareil français le Brésil, l'Inde, les Emirats arabes unis, et la Suisse. Aucune de ces cibles n'a été touchée.
L'une d'entre elles, la Suisse, est même maintenant hors de portée. Fin novembre, le Conseil fédéral du pays arrête son choix sur le suédois Gripen de Saab Group. Alors que le Rafale était donné favori, foi de pilotes et d'experts aéronautiques ! Mais c'était compter sans la réalité économique qui, officiellement, a amené les autorités suisses à choisir l'appareil le moins cher.
La réalité économique, c'est d'ailleurs l'argument mis en avant aussi par le Brésil. La nouvelle présidente, Dilma Roussef s'appuie sur une conjoncture délicate, pour préciser en septembre que son pays "n'est pas en mesure d'acheter le Rafale". Mauvais coup pour la France qui travaille maintenant la question du transfert technologique pour séduire coûte que coûte les Brésiliens.
Arrêt de la production d'ici à 2020
Aux Emirats arabes unis, on joue aussi avec les nerfs des représentants officiels français, menés par le ministre Alain Juppé. En novembre, les autorités jugent en effet l'offre du Rafale irrecevable. Plus une manœuvre de négociation qu'un réel avis décisif aux yeux de la France et de l'avionneur Dassault.
Et pendant ce temps, l'Inde entretient le suspens. Le Rafale est en finale, opposé à l'Eurofighter, mais New Dehli n'a encore rien dit. Alors que le verdict était prévu pour mi-décembre au plus tard.
Alors finalement, le Rafale se vendra-t-il un jour ? Jamais la question n'a été aussi prégnante en 2011. Malgré des clients qui restent potentiellement intéressés, malgré un engagement convaincant au dessus la Libye de mars à octobre, le chasseur français commence sérieusement à faire douter de ses capacités d'exportation. A tel point que Gérard Longuet, ministre de la Défense, se risque même à prévoir en décembre un arrêt de la production d'ici à 2020. Si rien ne change...
2012 s'annonce donc comme une année déterminante pour le Rafale. Et il y a une échéance que d'aucuns aimeraient voir prise en compte : celle de l'élection présidentielle en France. Une vente du Rafale à l'export, ce sera toujours de l'air frais pour l'industrie de la défense et donc une belle arme de campagne.
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2 réactions
Psk | 30/12/2011 - 19H07
La défaite en suisse est due à trois facteurs : le prix soit 800 millions de moins, la dégradation des relations entre les deux pays depuis 3 ans (attaque de la place financière) et le nouveau Gripen E/F techniquement égal au Rafale voir même supérieur au niveau de la rapidité de l'électronique !
PK, avia news
galiléo | 30/12/2011 - 17H00
Je propose une règle d'or: ne plus s'engager sur des programmes type Rafale ou Leclerc si il n'y a pas de commandes fermes avec acompte en cash versé préalablement aux premières dépenses de R&D. Qu'en pensez-vous?

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