7 femmes pour 93 hommes, notre dossier "Les 100 du numérique" est-il machiste ?
Les 100 du numérique seraient-ils trop masculins ? Sans aucun doute si l’on regarde froidement les chiffres. Sur 100 personnalités mises en avant par L’Usine Nouvelle, seules 7 sont des femmes, comme le souligne le site Les Nouvelles News. Un oubli ? Une bévue ? Le signe d'un machisme rampant ? En tant que rédacteur en chef de L'Usine Nouvelle, je ne peux que réfuter ces explications. Comme souvent, la réalité est beaucoup plus simple. Notre dossier –le premier du genre en France- est plutôt emblématique d'une difficulté que rencontre régulièrement notre rédaction. Jour après jour, enquête après enquête, dossier après dossier, nous cherchons à mettre en avant des femmes dans nos articles mais n'y arrivons pas... Car nous n'en trouvons pas.
Manque de curiosité ? Je ne le crois pas. Lorsque Aurélie Barbaux, notre chef du service numérique-santé, a réalisé l'enquête pour repérer les 100 du numérique, elle a cherché ces femmes qui font bouger ce secteur, qui participent à son animation, qui orchestre des projets. Mais elle n’en a trouvé que très peu. Devait-elle alors faire de la discrimination positive ? La question ne s'est jamais posée de cette manière. En tant que journaliste, elle a d'abord cherché à révéler les ingénieurs, designers, entrepreneurs qui contribuent à faire émerger ce nouveau secteur en France… quel que soit leur sexe. Quant aux titres de certains portraits de femmes qui sont jugés insultants, il suffit de les prendre, je crois, au second degré pour désamorcer le sujet. Comme l’affirment certains commentaires, ce sont de simples jeux de mots…
Doit-on se contenter de ces explications ? Doit-on accepter cette sous-représentation ? Évidemment, non. Et L'Usine Nouvelle ne s'en contente pas. Bien avant ce classement des 100 du numérique et la polémique qu’il suscite en matière de parité, nous avions décidé de lancer un trophée dédié aux femmes et aux femmes de l'industrie spécifiquement. L'idée qui sous-tend ce projet est simple : puisque les femmes ne se voient pas, révélons-les ! Et tant pis si les hommes crient au scandale…
Rédacteur en chef









