Les biotechs françaises face à la crise boursière
Profit record pour Shell
L'Opep n'ouvrira pas le robinet
Nexans engrange
L'Afrique du Sud dans les ténèbres
Les biotechs françaises face à la crise boursière
Longtemps réticente, la Bourse de Paris, avait fini en 2007 par se laisser séduire par le secteur des biotechnologies et financer une dizaine de sociétés pour 505 millions d'euros, rapporte les
Echos. Jusqu'en 2005 ce sont les sociétés de capital-risque qui ont apporté aux nouvelles entreprises du secteur la quasi-totalité de leur financement. En 2007, leur part était tombée à 157 millions, selon les chiffres de
France Biotech, soit 23% du total. « L'industrie devient mature, le taux d'investissement s'accroit », note Philippe Pouletty, le président de l'organisme représentatif d'une branche comptant 13 sociétés cotées à Paris, pour une capitalisation combinée de 2 milliards d'euros. Mais ce mouvement pourrait bien s'interrompre en raison de la crise boursière, s'inquiète les Echos, d'autant que les valeurs biotechs sont particulièrement maltraitées. Pouletty souligne la faiblesse de l'Europe dans son domaine : le chiffre d'affaires du secteur l'an dernier atteignait 55 milliards de dollars aux Etats-Unis contre 11 milliards en Europe. Et la tendance s'accroît, le Nouveau Monde a investi 20 milliards dans les biotechs, contre 6 sur le vieux Continent.
Profit record pour Shell
Jamais une entreprise européenne n'avait affiché un tel bilan, claironne les
Echos. Shell a dégagé un profit net de 31,3 milliards de dollars en 2007, en hausse de 23% par rapport à l'année précédente. Cet envol des profits est lié à la hausse des cours des hydrocarbures car, pour la cinquième année consécutive, la production du groupe diminue. De 3,95 millions de barils/jour, elle est tombée en 2007 à 3,3 millions, en retrait de 4,5% par rapport à 2006. Une tendance qui devrait se poursuivre en 2008 et contre laquelle le pétrolier augmente ses investissements. En hausse de 15%, ils ont atteint 26,6 milliards et devraient grimper en 2008 au-dessus des 28 milliards de dollars. Des sommes colossales mais nécessaires avec la fin de l'exploitation du pétrole « facile » et leur remplacement par les sables bitumineux et les hydrocarbures non conventionnels et beaucoup plus coûteux à extraire. Plus que les profits, les marchés se sont hier polarisés sur la baisse de la production, note le
Financial Times, qui relève l'effritement de l'action Shell. Le pétrolier européen n'est pas le seul à subir cette tendance, c'est l'ensemble des majors qui s'assèchent, souligne le quotidien saumon.
L'Opep n'ouvrira pas le robinet
Accusé d'alimenter l'inflation des produits pétroliers, le cartel continue de dénoncer les manœuvres spéculatives derrière la hausse des cours du baril, rapporte le
Financial Times. Pour Chakib Khellil, le président de l'organisation qui doit se réunir à Vienne aujourd'hui, il n'y a pas de demande pour une production additionnelle. Jusqu'à 30 dollars du cours serait dû à la spéculation, affirme le ministre algérien du Pétrole. Une position partagée par l'Arabie Saoudite, le leader de facto du cartel, bien que le président américain ait personnellement demandé à Ryad d'augmenter sa production. Le royaume aurait cependant augmenté son extraction en fin d'année pour refroidir le marché. Selon ses prévisions, l'Opep aurait juste à produire 31,99 millions de barils/jour au premier trimestre et 30,5 millions au deuxième, contre une production actuelle de 31,98 millions. La prochaine réunion aura lieu le 5 mars et déjà le Venezuela et l'Iran envisagent une baisse des quotas de 500 000 barils/jour si les Etats-Unis entrent en récession, indique le
Wall Street Journal.
Nexans engrange
Le leader mondial du câble a publié des résultats record, relève la
Tribune. Avec un chiffre d'affaires en hausse de 8,5% à 4,8 milliards d'euros, Nexans affiche un résultat net de 189 millions en augmentation de 33% alors que son Ebitda bondit de 57% à 409 millions. Grâce à ses 376 millions d'euros de cash-flow, sa dette a été divisée par deux à 290 millions en fin d'exercice. Et pourtant, note le quotidien, la valeur de son action a reculé de 12% en 2007 après avoir gagné 142% l'année précédente. Ces bons résultats répondent à une bonne tenue du marché du câble, mais aussi aux efforts du groupe pour réduire ses coûts et enrichir sa gamme, explique la Tribune. Son profil a changé, note son P-DG, Gerard Hauser, Nexans réalise aujourd'hui 79% de ses ventes dans l'énergie contre 49% il y a 7 ans. Confiant, le groupe vise une croissance organique de 6% et a relevé de 1,2 à 2 euros son dividende avant de lancer un programme de rachat d'actions correspondant à 3,5% de son capital.
L'Afrique du Sud dans les ténèbres
Depuis trois semaines, les pannes d'électricité frappent le pays le plus développé d'Afrique, relève The
Economist. Les boutiques ferment, la glace fond sur les étals, plus de café ni de thé, pour l'hebdomadaire la crise est grave, d'autant que l'arrêt des trains provoque de gigantesques embouteillages dans les grandes villes. Plus important pour l'économie mondiale, les mines d'or, de platine et de diamant ont dû stopper leur production faute d'électricité suffisante et n'ont redémarré qu'au ralenti. Les autorités ont annoncé que le rationnement se poursuivrait jusqu'en juillet. Et pourtant, les énormes réserves de charbon du pays lui permettait jusqu'à récemment de disposer d'une énergie aussi abondante que bon marché. Mais la rapide électrification du pays, alors que le gouvernement s'interrogeait sur le rôle du secteur privé dans la production d'énergie, a retardé les investissements de la société publique EsKom qui assure 95% de la production d'électricité du pays. Résultat, la précieuse énergie sera rationnée jusqu'en 2014 quand Eskom aura achevé son plan de développement qui devrait ajouter 17 000 MW à ses capacités. Si le gouvernement affirme que la croissance prévue de 5% ne sera pas affectée, des instituts n'attendent pas plus de 3%, loin des 6% nécessaires pour diminuer de moitié le chômage d'ici à 2014, comme l'annoncent les autorités. Rio Tinto et BHP Billiton s'inquiètent pour leurs projets d'alumineries voraces en énergie alors que les constructeurs automobiles attendent que la lumière revienne dans un pays qui assure les trois-quarts de la production mondiale du platine nécessaire à la fabrication des pots catalytiques.
Daniel Krajka
Bon week-end, à lundi !